Une société sans État : l'organisation acéphale
Contrairement aux grands royaumes centralisés, la société Beti précoloniale était acéphale : il n'existait ni roi, ni capitale, ni administration unique. Le pouvoir était réparti entre de multiples segments villageois autonomes, chacun dirigé par un chef de lignage respecté pour sa sagesse, sa richesse et son éloquence, non par un titre héréditaire absolu. La cohésion de l'ensemble reposait non sur la contrainte d'un État, mais sur la parenté, les alliances et un ordre moral partagé. Cette souplesse politique fut une force : elle permit aux Beti de se disperser, de coloniser la forêt et de se recomposer sans jamais dépendre d'un centre unique.

